La voiture électrique, n’est-ce qu’une histoire d’autonomie ?

A chaque fois que je parle de voitures électriques avec des amis, la discussion s’oriente presque exclusivement vers l’autonomie de la batterie. Peut-on résumer une voiture électrique à sa seule autonomie ? Certains vous diront que mis à part le style il n’y a que ça qui compte. Mon point de vue diverge quelque peu.

La capacité de charge

Pour moi, avoir une autonomie annoncée de 400 km (comme la Renault Zoé ZE 40) est quelque chose d’important mais pas primordial du tout. La capacité de charge est bien plus critique car c’est elle qui limitera votre mobilité et vous empêchera de parcourir de plus longues distances. Cette capacité est composée de deux points intimement liés, tout d’abord la vitesse de chargement et ensuite la disponibilité des bornes publiques et privées.

Aller loin c’est bien, mais il faut savoir que plus la batterie est grande, plus le temps d’arrêt le sera aussi.

La vitesse de chargement

Celle-ci est la clé de votre liberté, car dans un monde où acheter du café sur internet prend 20 secondes et où faire le plein d’une voiture thermique prend entre 5 et 10 minutes (d’après le monde présent à la station), attendre est devenu ringard. Passer 4 heures à regarder sa voiture charger sur le bord de l’autoroute est inimaginable, voire risible pour une majorité de personnes, surtout après seulement 250 km (pire encore si vous devez passer 4 heures dans un magasin …). Il faut donc réduire ce temps en augmentant la vitesse de charge.

Celle-ci est définie par deux choses, tout d’abord la puissance que la borne peut fournir (point que nous aborderons un peu plus bas), et ensuite la puissance que le ou les chargeurs embarqués dans votre voiture peuvent recevoir. Renseignez-vous lors de l’achat pour savoir quelle est la puissance maximale acceptée par votre voiture. Pour mon i3 par exemple, je peux aller jusqu’à 11 kW en courant alternatif et 50 kW en courant continu.

Quoi ?! Il y a deux types de courant !?

Oui, nous y reviendrons prochainement lors d’un article sur les bornes de chargement. Dites-vous simplement que la puissance de la borne dépend du courant qui l’alimente. Par exemple, sur une prise domestique avec le chargeur d’origine (fournis avec la voiture), recharger complètement la batterie de ma BMW i3 peut prendre entre 14 et 16 heures, ce qui est assez conséquent comme temps d’immobilisation. Avec le risque majeur de tomber dans une spirale énergétique descendante, une hantise. Je m’explique avec un autre exemple illustrant l’importance de la vitesse de charge : il suffit d’imaginer que l’autonomie de votre voiture vous permette de faire 500 km, un rêve. Mais que se passerait-il si la nuit ne vous permettait pas de charger suffisamment la batterie pour compenser les kilomètres parcourus pendant la journée. Chaque matin votre batterie serait un peu plus vide que le jour avant, et il ne vous faudrait pas longtemps pour atteindre une autonomie insuffisante pour votre usage, rendant votre voiture purement inutilisable. Trouver une borne rapide devient dans ce cas indispensable.

L’infrastructure

Il est donc important d’avoir une infrastructure publique qui tient la route. Il y a par exemple les Superchargers de Tesla qui ont des puissances de charge allant jusqu’à 145 kW, ou encore les bornes Combo européennes offrant jusqu’à 50 kW (Total, avec le projet européen Fast-E, installe des bornes de ce type dans ses stations les plus récentes). Cette dernière permet de recharger une BMW i3 60Ah de 0 à 80% en 20 minutes seulement. Le Supercharger, lui, permet aux voitures Tesla (et uniquement celles-ci) de recharger pour l’équivalent de 300 à 500km d’autonomie par heure de charge.

Vous l’aurez compris, avoir une grosse batterie peut être utile, mais ce qui est encore plus important, c’est de pouvoir la recharger facilement et rapidement afin de pouvoir continuer son trajet aussi vite que possible.

Mais que font les constructeurs automobiles pour ça ?

Peu de constructeurs travaillent réellement au problème de la charge, et préfèrent mettre en avant l’autonomie grandissante de leurs véhicules à coup de batteries toujours plus grosses. Ceux-ci se retranchent d’ailleurs souvent derrière une excuse que je trouve assez facile : « Avec les infrastructures qui évoluent de jours en jours, cela ne posera bientôt plus de problème d’avoir une grosse batterie ». Sous-entendu : « Ce n’est pas notre problème, c’est aux états et aux équipementiers de se bouger le cul ». En voilà une excuse qui donne envie au consommateur d’investir dans une voiture électrique dès maintenant.

Actuellement, il n’y a que deux constructeurs qui méritent d’être félicités pour l’effort accompli dans ce domaine. Tout d’abord, Tesla, qui avec son réseau de Supercharger, attaque le problème d’autonomie avec une vitesse de chargement très élevée et des bornes de plus en plus répandues en Europe. Comme je l’ai déjà dit, c’est actuellement le seul constructeur automobile au monde à proposer une véritable solution.

Ensuite, il y a BMW, qui pour augmenter l’autonomie et réduire le temps de chargement par kilomètre parcouru, a travaillé en profondeur sur la consommation de sa voiture. Comment ont-ils fait ? Principalement en réduisant la masse de celle-ci par l’utilisation de matériaux à base de carbone. Avec un poids total de 1195 kg, batteries incluses, elle est 343 kg moins lourde qu’une Nissan Leaf et 263 kg qu’une Renault Zoé !

Conclusion

Alors, n’est-ce vraiment qu’une histoire d’autonomie ? Et bien non, comme vous l’avez maintenant très bien assimilé, il y a un autre paramètre à prendre en compte, à savoir, la capacité de chargement. Si certains l’ont compris dès le départ en l’incluant dans leur équation de l’électromobilité, d’autres constructeurs automobiles préfèrent toujours l’ignorer. Chacun a ainsi sa propre approche de la voiture électrique, les uns misant sur une infrastructure de charge privée, d’autre sur un coût d’achat très bas, et d’autres encore sur une voiture ayant un petit appétit. Certaines méthodes payeront probablement plus que d’autres, mais ça, seul l’avenir nous le dira.

Maintenant, la prochaine fois que vous  parlerez de véhicules électriques, au lieu de vous focaliser uniquement sur l’autonomie, demandez-vous plutôt comment charger cette voiture pour votre usage quotidien.  Je vous le concède, la logique est bien différente de celle d’une voiture thermique, et vous demandera peut-être une gymnastique mentale plutôt inhabituelle. Pour vous aider dans cette démarche, et déjà avoir une bonne idée des bornes disponibles autour de chez vous, ainsi que leur vitesse de chargement, je vous recommande le site ChargeMap, dont le contenu est tenu à jour par les utilisateurs de voitures électriques eux-mêmes sous modération des créateurs du site.

J’espère que cet article vous aidera lors d’un potentiel achat, et vous évitera ainsi de tomber dans le piège de l’autonomie, seule donnée mise en avant par la majorité des concessions. Au plaisir de lire vos commentaires et n’oubliez pas de vous abonner au blog afin de ne plus jamais manquer un seul article moooving :

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