C’est quoi le Rex ?

Le mot « Rex » vient de la concaténation de deux mots anglais : « Range Extender », soit en français « prolongateur d’autonomie ». Comme son nom l’indique, son rôle est d’augmenter l’autonomie de votre véhicule.

Mais … et le chien en couverture ? Je ne comprends pas …

Bon, concrètement c’est quoi ?

Le Rex est un petit moteur bicylindre de 647cc refroidi par air. Nom de code interne W20K06U0. D’origine Kymco (Taïwan), ce moteur qui équipe des scooters BMW, est installé sous le seuil de chargement du coffre arrière, à droite.

Le Rex se trouve en haut au centre de cette image

Presque inaudible de l’intérieur, ce moteur thermique joue un rôle de générateur électrique lorsque la batterie de l’i3 descend sous un certain seuil de chargement, permettant ainsi de continuer son voyage pendant approximativement 150 km (comptez 110 km sur autoroute si vous limitez votre vitesse à 120 km/h). Ce moteur est alimenté par un petit réservoir de 9 litres situé à l’avant du véhicule. Il accepte un indice d’octane minimal de 91 et autorise même de l’éthanol jusqu’à une limite de 10%. L’essence SP95-E10 belge fait donc largement l’affaire. Attention si vous allez dans certains pays nordiques, les mélanges d’essence et de méthanol (comme le M85 par exemple) ne sont pas compatibles avec ce moteur !

De l’essence dans une électrique !?

Oui, le Rex ajoute une configuration thermique à la voiture électrique, mais ne le voyez pas comme une option que vous utiliserez tous les jours, celui-ci est un peu comme la roue de secours de votre batterie. Il n’a donc nullement un rôle de groupe propulseur à part entière. Son entretien intervenant tous les 10000 km d’utilisation du Rex, un usage régulier et intensif vous enverra bien trop souvent au garage, et c’est tout le contraire de la philosophie électrique.

Et ça coûte combien ?

Cela varie d’après les pays, mais il faut compter en moyenne 4000 € de supplément à l’achat. Ensuite, prévoyez une vidange d’huile tous les 2 ans ou 10000 km d’utilisation.

Et comment le Rex fonctionne-t-il ?

Ça dépend de la législation du pays où est vendu la voiture.

Le comportement de base est le suivant : Le moteur est fait pour se mettre en marche automatiquement à 6% de batterie restante avec comme mission de garder ce niveau de charge. Il va donc faire son maximum pour vous empêcher d’atteindre ou de descendre sous les 3%, limite à ne pas franchir sous peine d’abîmer les batteries. Rassurez-vous, la voiture vous le rappellera le moment venu. Les 34 ch du moteur fournissent donc 25 kW, vous comprendrez donc qu’une utilisation intensive de votre moteur électrique, comme en conduite sportive (35 kWh/100 km), ne permettra pas au Rex de garder la charge de la batterie à 6%. Donc elle diminuera encore jusqu’à atteindre 3%. À ce moment-là, la voiture vous obligera à rouler moins vite et moins fort en bridant la voiture. De quoi laisser le temps au moteur de remonter à 6%.

Photo du tableau de bord d’une i3 américaine presque à court d’énergie

En Europe, le Rex peut également être déclenché manuellement dès que le niveau de la batterie atteint 75%. De quoi planifier vos longs trajets sur autoroute afin de garder de l’autonomie électrique une fois arrivé à destination. C’est là pour moi le deuxième rôle essentiel de ce Rex : permettre d’organiser ses réserves d’électricité en fonction de son trajet.

Aux États-Unis par contre, ils n’ont pas cette chance. Ils ne peuvent en aucun cas le déclencher manuellement, et doivent donc se contenter du Rex comme d’une réserve une fois la batterie presque épuisée. Mais ce n’est pas tout, chez eux, le réservoir est limité électroniquement à 7,2 litres d’essence au lieu de 9. Une histoire de législation.

Que des avantages alors ?

Le prix. Non, il n’y a pas que des avantages. Il y a tout d’abord le prix qui n’est pas des plus attirants. Mais ce n’est pas tout.

Le poids. L’ajout du Rex dans une i3 revient à mettre 120 kg supplémentaires dans la voiture, et rappelez-vous que le poids est l’ennemi numéro un de la consommation et donc de l’autonomie.

L’encombrement. Le Rex prend de la place, et pas qu’un peu. Il remplit l’espace libre à côté du moteur électrique :

Son ajout vous empêchera de prendre une autre option que je trouvais vraiment sympathique : la pompe à chaleur. Celle-ci ne se loge pourtant pas à l’emplacement du Rex, puisqu’elle s’installe à l’avant, mais BMW ne vous autorise pas à la cumuler avec le petit bicylindre. Est-ce que le réservoir du Rex et la pompe à chaleur occuperaient le même emplacement ? C’est dommage en tout cas, car BMW annonce une économie énergétique du système de chauffage de près de 30 %.

La sonorité. Le Rex fait un peu de bruit, même si depuis l’intérieur, on l’entend finalement très peu. Par contre, de l’extérieur, le bruit n’est pas sans rappeler les chères Aixam. Et ça franchement, j’ai déjà vu beaucoup plus valorisant comme bruit. N’est-ce pas ?

Ah, que des inconvénients alors !

La sérénité. Le Rex apporte une certaine quiétude pour les trajets électriques, car il faut bien reconnaître, le réseau de recharge n’est pas encore idéal en Belgique.  Et ça, c’est une qualité non négligeable. Vivement que la Belgique et ses sociétés publiques et privées investissent dans un réseau tel que vous pouvez le trouver dès à présent en Hollande.

La liberté. Un autre atout non négligeable, c’est la possibilité d’aller aussi loin qu’on le veut sans devoir recharger. Il suffit pour cela de faire le plein tous les 150 km. Et ça, c’est la liberté de mouvement indispensable à une automobile moderne. Les vacances en i3 deviennent envisageables sans un trop grand sacrifice.

Conclusion

Le Rex est pour moi l’option que vous achetez bien chère dans l’espoir de ne jamais devoir l’utiliser. Mais au cas où, vous savez qu’il est là ! Ce qui vous rassure, et vous roulez donc beaucoup plus sereinement. Et c’est là toute la force de BMW avec cette i3, c’est de proposer une solution facilitant l’adoption de la voiture électrique sans pour autant rendre cette option indispensable. Je pense que la plupart des propriétaires d’i3 équipée du Rex ne regrettent pas leur achat, mais que la prochaine fois ils réfléchiront à deux fois avant d’acheter leur voiture avec ce petit moteur. Personnellement, tant que le réseau de bornes publiques ne sera pas plus dense et que ma maison ne sera pas autonome en électricité (et donc équipée d’une batterie et de panneaux photovoltaïques pour parer aux pannes de secteur), je garderais mon Rex avec moi. Quoi qu’il arrive.

Et vous ? Que pensez-vous de ce Rex ?

Et surtout, abonnez-vous 🙂

6 réponses

  1. Intéressant ce blog….Ça mérite qu’on s’abonne

  1. 15 décembre 2017

    […] soit une borne de recharge sur votre parcours. C’est génial non ? Et bien sur la BMW i3 équipée du Rex, le GPS ignore purement et simplement l’autonomie apportée par le petit réservoir de 9 […]

  2. 7 janvier 2018

    […] réduite (la joie !). C’est également le seuil à partir duquel les BMW i3 équipées du Rex, font tourner celui-ci à plein régime pour remonter à 6% d’autonomie électrique (seuil de […]

  3. 25 avril 2018

    […] du Rex: […]

  4. 24 juin 2018

    […] Après 4 jours de conduite apaisante, j’ai atteint une distance de 253 km juste avant que le Rex ne démarre. Je rappelle que le Rex est là pour maintenir la charge de la batterie en utilisant les 9 litres de son petit réservoir. Pour plus d’information, c’est par ici. […]

  5. 18 mars 2019

    […] Huile moteur (Rex) […]

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